Votre navigateur n'est pas à jour

Nous avons remarqué que vous utilisez actuellement une ancienne version d'Internet Explorer. Nous vous recommandons de mettre à jour votre navigateur.

Famille: 

Anyphaenidae

Détails

En 2003, Paquin & Dupérré rapportaient qu'aucun Anyphaenidae n'était connu du Québec, mais que la présence de deux espèces était possible. Cette prédiction s’est avérée juste puisque Bolduc et al. (2005) ont rapporté la première mention de Wulfila saltabundus en provenance du vignoble l'Orpailleur à Dunham (Brome-Missisquoi). Paquin & Arbour (2021g, 2022a) ont récolté plusieurs spécimens (immatures et adultes) dans la tourbière de la Réserve naturelle du Bois-des-Patriotes. Auparavant, W. saltabundus avait été récolté en Nouvelle-Écosse et dans la région d'Ottawa (Dondale & Redner 1982). Puis, Paquin & Brodeur (2019) ont rapporté la première mention d'Anyphaena celer; un mâle récolté en battant la végétation d'un parc municipal de Frelighsburg. Cette espèce n'était connue que de quelques localités en Ontario (Dondale & Redner 1982). Enfin, une troisième espèce, Hibana gracilis, a été récoltée à Luskville. Cette araignée n'était pas incluse dans les espèces probables de la province. Cette mention québécoise est la plus nordique connue et présente une extension de l'aire de répartition d'environ 150 km vers le nord (Platnick 1974, Dondale & Redner 1982). La présence de ces trois espèces confirme que les Anyphaenidae sont présents au Québec, mais demeurent des raretés.

Wulfila saltabundus possède un aspect particulier qui est plutôt reconnaissable. Ces araignées sont pâles - jaunâtres et blanchâtres - ce qui donne une impression de transparence avec des petites taches foncées réparties sur l'ensemble du corps. Cette translucidité est à l'origine de leur nom vernaculaire anglais ghost spiders, qu'on pourrait traduire par araignées fantômes. Anyphaena celer ne possède pas cette translucidité puisque ces araignées sont plutôt foncées, verdâtres et ressemblent vaguement à des Clubionidae avec des motifs plus marqués sur le céphalothorax.

Les caractères distinctifs des membres de cette famille sont : 1) les soies lamellées situées au bout des pattes et 2) la position et la grande taille du stigmate trachéen (ouverture respiratoire). Platnick (1974) suppose qu'il y a une relation entre la taille démesurée de cette ouverture respiratoire et la vigueur avec laquelle les mâles courtisent les femelles. Il a été observé que le mâle d'Anyphaena accentuata, une espèce européenne, sautille vivement d'un côté à l'autre de la femelle, effectue des mouvements des pattes de haut en bas et agite l'abdomen pendant que ses palpes vibrent fortement. Ensuite, il émet une série de faibles sons provoqués par la rapide pulsation de son abdomen et de ses pattes (Bristowe 1971). De telles observations n'existent pas pour les espèces présentées ici, mais des comportements semblables sont probables.

En taxonomie, il est de mise de corriger les erreurs d'accords des épithètes spécifiques, en utilisant simplement la correcte forme à utiliser. Ainsi, on voit parfois Wulfila saltabunda; certains voyant la terminaison en -a de Wulfila croit que ce genre est féminin puisque la plupart du temps, c'est ce que cette terminaison indique. En comparaison, la terminaison -us indique plutôt le masculin. Dans le cas de Wulfila cependant, un genre décrit par O. Picard-Cambridge 1895a, il s'agit du nom propre d'un évêque et chef goth qui signifie « petit loup », tout ce qu'il y a de plus masculin. La correcte graphie est donc bel et bien Wulfila saltabundus.

Selon Gertsch (1949), les Anyphaenidae vivent dans des retraites tubulaires ouvertes aux extrémités, qui sont construites parmi la végétation. Les spécimens de W. saltabundus récoltés par Paquin & Arbour (2021g, 2022a) ont été trouvés à l'aide d'un battoir pyramidal (Paquin & Dupérré 2022). Aucune toile n'a été observée, mais les spécimens ont été récoltés à environ un mètre du sol, dans la végétation haute.

Pour voir la liste des références complètes dans le texte allez à cette page