Le genre Cheiracanthium a été respectivement placé dans les Clubionidae, dans les Miturgidae, dans les Eutichuridae, pour finalement être placé dans sa propre famille : les Cheiracanthiidae.
Cheiracanthium mildei est une des araignées les plus communes au Québec puisqu'il s'agit d'une espèce synanthrope, c'est-à-dire étroitement associée aux humains et à leurs habitations (Paquin et al. 2022a). Elle est reconnaissable à son aspect translucide et à sa coloration jaune / verdâtre. Cheiracanthium mildei a été introduit d'Europe (Bryant 1951) et se trouve probablement dans chaque habitation de la province, quoique la limite de sa répartition géographique vers le nord demeure inconnue. Il s'agit d'une espèce nocturne, qui se déplace le long des murs et des plafonds à la recherche de petites proies. Cette araignée fabrique de petits abris en soie dans les coins des murs et à la jonction du plafond. Elle est aussi fréquente dans la végétation arbustive en bordure des habitations et autres constructions humaines.
À cause de la grande proximité des araignées du genre Cheiracanthium avec les humains, les cas de morsures sont fréquents. Habituellement, cette morsure est sans conséquence, mais on rapporte des cas où des enflures ont été signalées (Spielman & Levi 1970, Leech 1994, Foelix 2011). Toutefois, il subsiste une croyance populaire que la morsure de cette araignée peut engendrer des nécroses. Vetter et al. (2006) ont recensé tous les cas de morsures connus avec conséquences médicales en lien avec Cheiracanthium en Amérique du Nord et, en aucun cas, on ne rapporte de nécrose. Pourtant, cette croyance persiste à cause des fausses informations qu'on trouve encore sur Internet ou de diagnostiques médicaux erronés.
Une deuxième espèce du genre, Cheiracanthium inclusum, se trouve de l'Amérique du Sud jusqu'au Nord-Est des États-Unis, dans la région des Grands Lacs. Selon Dondale & Redner (1982), cette araignée est connue au Canada de la Colombie-Britannique, et Paquin et al. (2010b) la rapportent également de l'Alberta et de l'Ontario. Ses habitudes et son choix d'habitat sont semblables à ceux de C. mildei, à savoir l'intérieur des habitations et la végétation. Les deux espèces sont très semblables et il est nécessaire d'examiner les génitalia pour les distinguer. Il est souvent nécessaire de disséquer les femelles puisque les génitalia extérieurs comportent peu de caractères distinctifs.
Lors d'une activité de récolte d'araignées effectuée à Mirabel en 2021, un spécimen de Cheiracanthium a été récolté dans la végétation. La coloration inhabituelle du spécimen, qui comportait des sections dont la cuticule extérieure était fuschia, a fait penser qu'il pouvait s'agir de C. inclusum. L'examen des génitalia de cette femelle adulte a cependant révélé qu'il s'agissait bel et bien de C.mildei. Cheiracanthium inclusum demeure sur la liste des espèces probables au Québec.
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