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Famille: 

Oecobiidae

Espèce

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Détails

Cette famille est représentée par une seule espèce au Québec : Oecobius navus. Cette petite araignée d'environ 2 mm est associée aux habitations et aux immeubles, où elle construit de minuscules toiles de la grandeur d'un timbre-poste dans les coins de murs, sur le sol et dans les fenêtres (Kaston 1948). Le nom de la famille, dérivé du grec oikobios, signifie « qui vit à la maison, domestique ».

Oecobius navus est cosmopolite et synanthrope (Paquin et al. 2022a); on le retrouve dans les habitations de la plupart des régions du globe, bien qu'il préfère les climats plus chauds (Shear 1970). Cette araignée est largement répandue aux États-Unis, mais il semble qu'au Québec, cette espèce atteigne la limite nord de sa répartition dans l'est du continent.

Bélanger & Hutchinson (1992) rapportent qu'un exemplaire a été récolté à Ste-Anne-de-Bellevue (Montréal) et quelques exemplaires ont aussi été récoltés dans des pièges collants servant au suivi des espèces nuisibles des immeubles de la région de Gatineau. Comme pour d'autres espèces connues de peu de localités, un échantillonnage accru dans les habitats appropriés révèlera probablement qu'O. navus est beaucoup plus répandu que ne l'indiquent ces quelques mentions.

Craig et al. (2017) rapportent une diversité de huit espèces présentes en Amérique du Nord, mais elles ne démontrent pas d'affinités avec les habitats humains, sauf O. navus (Shear 1970).

Parmi les caractéristiques morphologiques propres aux Oecobiidae, le tubercule anal muni de deux rangées de longues soies est sans doute le plus distinctif. Bien qu'on ignore la fonction exacte de ces structures, elles jouent probablement un rôle pour peigner la soie dont les araignées se servent pour enchevêtrer leurs proies. Lorsqu'un Oecobius attaque, il fait le tour de sa proie avec une grande rapidité, en projetant cette soie sur une courte distance avec une surprenante précision.

Glatz (1967) rapporte que O. navus se nourrit presque exclusivement de fourmis, mais Shear (1970) mentionne que de petites mouches font également partie de son alimentation.

L'accouplement a lieu dans une petite toile spécialement construite à cet effet par le mâle. Celui-ci fait face à la femelle et se glisse lentement sous elle. Il insère ensuite son palpe droit dans l'orifice copulateur gauche de la femelle, puis le palpe gauche dans l'ouverture droite de la femelle, répétant le geste cinq fois ou plus. Chaque sac d'œufs contient de trois à dix œufs et ne reçoit aucun soin de la femelle (Glatz 1967).

Oecobius navus a longtemps été appelé O. annulipes dans la littérature. Wunderlich (1987) a démontré que le véritable O. annulipes décrit par Lucas en 1846 à partir d'exemplaires récoltés lors de son expédition en Algérie, est plutôt restreint à l'Afrique du Nord. Toutes les mentions de cette espèce en dehors de cette région se rapportent à O. navus, une espèce cosmopolite répartie aux quatre coins du globe.

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