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Famille: 

Philodromidae

Détails

Le Québec compte 23 espèces de Philodromidae, mais quatre espèces additionnelles sont probables et traitées ici. Au Canada, les Philodromidae sont bien connus grâce aux révisions taxonomiques de Dondale (1964), de Dondale & Redner (1968, 1969, 1975b, 1976a), de Sauer & Platnick (1972), et à la synthèse publiée par Dondale & Redner (1978b).

Les Philodromidae sont similaires aux Thomisidae avec leur apparence de crabe, de leurs déplacements latéraux et de leur coloration cryptique dans les tons de brun et de gris qui permet de se camoufler sur les branches et écorces. Les Philodromidae possèdent de longues pattes agiles et se déplacent avec une grande rapidité, contrairement aux Thomisidae, dont les mouvements sont plutôt lents. Ces déplacements rapides sont d'ailleurs à l'origine du nom de la famille : philo veut dire aimer, et -dromus signifie course. Ces mouvements vifs et saccadés permettent de les repérer facilement sur un drap de battage, mais font aussi en sorte qu'ils sont difficiles à attraper.

La plupart des Philodromidae vivent associés à la végétation, où ils trouvent refuge parmi les aiguilles des conifères et dans les anfractuosités des écorces et des branches (Dondale & Redner 1978b). Les soies spécialisées des pattes (scopula) assurent une bonne prise sur le substrat (Comstock 1940). Lorsqu'ils sont au repos ou se sentent menacés, ils adoptent une posture de protection : le corps est appuyé contre le substrat, les pattes I et II sont étendues en avant dans l'axe du corps, les pattes IV sont étendues vers l'arrière le long de l'abdomen et les pattes III agrippent fermement le substrat (Kaston 1948).

Le genre Rhysodromus a été ressuscité par Kastrygina & Kovblyuk (2016) en se basant sur les analyses phylogénétiques de Muster (2009a) qui positionnent quelques espèces de Philodromus dans un clade distinct, plus apparenté à Thanatus et Tibellus qu'aux autres Philodromus. Trois espèces présentes au Québec ont été transférées dans ce genre.

Philodromus est le genre le plus riche de cette famille au Québec. Il comprend quatorze espèces confirmées et une autre probable. Ces espèces sont très similaires les unes aux autres et l'examen des pièces génitales est nécessaire pour une identification fiable. Philodromus cespitum est le plus commun : il est largement réparti et récolté fréquemment par battage de la végétation. Il est aussi trouvé dans les habitations humaines sans que ce soit une espèce étroitement associée à cet habitat artificiel. Curieusement, les autres Philodromus sont beaucoup plus difficiles à dénicher et les préférences quant aux habitats demeurent inconnues.

Les deux sous-espèces Philodromus rufus quartus et P. rufus vibrans sont très similaires morphologiquement, particulièrement les femelles qu'il est nécessaire de disséquer pour une identification sûre. Dondale & Redner (1968) ont montré que la séquence de mouvements effectués lors des parades de séduction des mâles diffère entre les deux : P. rufus vibrans fait vibrer ses pattes antérieures pour séduire la femelle, ce que P. rufus quartusne fait pas (Dondale 1967).

Les Philodromus tissent, à la jonction des petites branches, des sacs d'œufs, confectionnés avec une soie blanche (Comstock 1940). Certaines espèces, comme P. minutus, pondent leurs œufs à l'extrémité d'une feuille, qui est ensuite pliée et attachée avec de la soie. Les Philodromus gardent leurs œufs en demeurant aux aguets près de l'endroit où le sac est déposé.

Les espèces du genre Ebo sont pâles, munies de très longues pattes et difficiles à déceler dans la végétation. Gertsch (1949) mentionne que cette coloration les confond aussi avec le sable et que les Ebo tombés au sol sont presque invisibles. Ebo pepinensis est une espèce connue d'une seule mention au Québec (Paquin et al.2001a). Il est probable que cette araignée soit plus répandue, mais que son habitat demeure peu exploré. Sauer & Platnick (1972) précise qu'elle est parfois récoltée par piège-fosse, dans la végétation au sol, jusqu'à une altitude de 3800 mètres. L'autre espèce probable pour le Québec, Ebo iviei, est connue de marais et de milieux humides.

Les Thanatus sont associés au sol, où ils se déplacent avec rapidité (Gertsch 1949). Les espèces de ce genre se reconnaissent au motif en losange de leur abdomen. Les sacs d'œufs ont la forme d'une double lentille convexe et sont fixés à la végétation. Voir aussi Dondale et al. (1964).

Les deux espèces de Tibellus du Québec se reconnaissent à leur forme allongée et à leurs couleurs qui rappellent la paille dorée. Elles sont communes et souvent récoltées en fauchant la végétation et les herbes hautes. Leurs sacs d'œufs sont tissés au milieu de l'été. Les femelles les attachent dans la haute végétation et les protègent contre les agresseurs (Comstock 1940, Kaston 1948). Les jeunes araignées éclosent à l'automne et passent l'hiver à ce stade. Les deux espèces du Québec sont holarctiques. Thomas (1949) rapporte qu'en Europe, les femelles confectionnent parfois un second sac à la fin de l'été.

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