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Famille: 

Phrurolithidae

Détails

Les espèces qui constituent maintenant les Phrurolithidae ont été placées au sein d'autres familles (Clubionidae, Corinnidae) jusqu'à ce que Ramírez (2014) les élève au rang de famille, position qu'elles occupent depuis (Richman 2017a).

Les Phrurolithidae sont des espèces myrmécomorphes, c'est-à-dire qu'elles imitent les fourmis dans leur apparence et dans leurs comportements. Leurs déplacements rapides rendent la distinction entre une fourmi et une araignée particulièrement difficile sur le terrain. Lors de leurs déplacements, les Phrurotimpus s'immobilisent parfois en étendant leur première paire de pattes au-dessus du céphalothorax, une position qui rappelle une fourmi et ses antennes.

Les Phrurotimpus sont diurnes et essentiellement associés à la litière (Dondale et al. 1972). Les femelles confectionnent des sacs d'œufs plats, en forme de petits disques de coloration rouge, qu'elles attachent sous les pierres qui jonchent le sol, puis les abandonnent sans autres soins. Les premières paires de pattes sont munies de grosses soies proéminentes qui facilitent probablement la préhension des proies. Phrurotimpus borealis est une espèce largement répartie. On la trouve des Maritimes à la côte ouest du Canada. Phrurotimpus palustris est restreint à la portion est du continent et sa répartition est plus méridionale que sa congénère. Habituellement, on observe une nette dominance d'une des deux espèces dans un habitat donné ; P. borealisdans les tourbières (Paquin & Arbour 2021g, Paquin & Chir 2021) et les boisés, mais ces espèces sont rapportées en sympatrie dans une prucheraie des Boisés-Miner de Granby, bien que dominé par P. palustris.

Phrurotimpus alarius est un nom qui a longtemps été utilisé mais Platnick (2019) a démontré qu'il s'agit d'une vieille erreur d'identification et que le nom qu'il convient d'utiliser est plutôt Phrurotimpus palustris. Les deux espèces de Phrurotimpus du Québec possèdent une coloration inverse : P. palustris possède un abdomen pâle avec des chevrons foncés, tandis que P. borealis, un abdomen foncé avec des chevrons pâles. Les mâles, quant à eux, sont iridescents et d'une coloration uniforme. Malheureusement, la coloration et l'iridescence qui s'observent facilement chez les spécimens vivants, s'atténuent chez les spécimens préservés en alcool.

Les Scotinella sont également des espèces myrmécomorphes. Leur biologie est peu connue, mais ces araignées sont étroitement associées à certaines colonies de fourmis. Comme pour les Castianeira (Corinnidae), les mécanismes par lesquels elles arrivent à s'immiscer dans ces colonies sans être perçues comme des proies, sont inconnus. Scotinella britcheri par exemple, passe toute son existence à l'intérieur des nids de fourmis (Dondale & Redner 1982). Scotinella brittoni, une espèce brillante, ressemble beaucoup à Crematogaster lineolata, une fourmi à laquelle elle est inféodée. En général, les Scotinella sont associées au sol et se trouvent dans la litière des forêts, dans les tourbières et dans les champs. Scotinella pugnata est l'espèce la plus commune de la province et elle est largement répandue à travers le Canada. Les autres Scotinella sont restreintes au sud de la province, mais les limites précises de leur répartition sont inconnues.

Lors d'un bioinventaire de la tourbière de la Réserve naturelle du Bois-des-Patriotes, Paquin & Arbour (2021g) ont rapporté la première mention de Phrurolithus festivus au Canada (Paquin & Arbour 2021c), montrant du même coup l'existence d'une première population bien établie en Amérique du Nord. Auparavant, cette araignée n'avait été trouvée qu'à une seule reprise dans l'État de New York, avec la récolte en 1980 d'un mâle et d'une femelle (Penniman 1985). L'espèce est commune en Europe, mais un doute subsistait quant à son réel établissement en Amérique du Nord, à cause de sa rareté. Cette espèce a toutefois été incluse dans Richman (2017a) pour faciliter l'identification advenant la récolte de spécimens additionnels. Depuis, cette espèce a été observée à Saint-Hyacinthe, à Montréal et récoltée dans le Bois de Brossard, démontrant une présence bien établie dans le sud du Québec.

Les tibias des palpes des mâles des Phrurolithidae sont munis d'apophyses de formes diverses, simples ou doubles, qui sont utiles dans la détermination des espèces. L'identification des femelles nécessite un examen minutieux des génitalia. L'illustration des génitalia femelles dans Richman (2017a) est d'une femelle pénultième, c'est-à-dire le stade avant la dernière mue. Il est préférable de se référer aux génitalia pour identifier les femelles adultes.

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