Mes observations sur le papillon monarque, un sujet bien spécifique, m’ont conduit à explorer un champ plus vaste : la biodiversité. C'est l'asclépiade, cette plante essentielle pour le papillon monarque, qui a élargi ma perspective. Au cours des étés, en scrutant des milliers de plants d'asclépiade, j'ai réalisé que non seulement cette plante est cruciale pour le monarque, mais elle est également bénéfique pour une diversité impressionnante d'insectes. Examinons de plus près en quoi l'asclépiade est un modèle de réussite et de succès.

Avant d’explorer la réussite et le succès de l’asclépiade, un souvenir d’enfance me revient.  Sur la ferme où j’ai grandi, cette plante portait le nom de « Petit cochon de lait ».  Ce nom était inspiré par la forme particulière de son follicule, évoquant celle d’un petit cochon.  (Fig.  1)  De plus, le latex blanc s’échappant d’une feuille fraîchement coupée, faisait penser au lait.  (Fig.  2)  

Figure 1. Follicules d’Asclepias syriaca (asclépiade commune) et chenille de Danaus plexippus (papillon monarque)   
Figure 2. Latex d’Asclepias syriaca (asclépiade commune) 

La Réussite de l'Asclépiade :

L'asclépiade, une plante fascinante, nous offre une opportunité parfaite pour explorer les fondements de la biologie végétale. Plus précisément, nous allons nous pencher sur l'importance cruciale des plantes au sein des écosystèmes.  Les plantes sont classées parmi les producteurs, le premier niveau trophique, captant l'énergie solaire pour transformer la matière inorganique en matière organique par la photosynthèse. Ce processus, rendu possible en partie par la chlorophylle, un pigment vert captant le rayonnement solaire, peut être résumé par l'équation chimique suivante :

6 CO2(g) + 6 H2O(l) + énergie solaire → C6H12O6(s) + 6 O2(g)

Cette équation illustre comment, à partir de dioxyde de carbone (CO2), d'eau (H2O) et d'énergie solaire, il se produit du glucose (C6H12O6), la source de nourriture de la plante, et du dioxygène (O2), un gaz vital pour la vie sur Terre, constituant 21% de l'air que nous respirons.

Produire sa propre nourriture cela est un exploit remarquable. Imaginez, sans bouger, enracinée dans le sol, l’asclépiade fabrique sa nourriture avec juste un peu d'eau, de la lumière solaire et du dioxyde de carbone. C'est de la chimie avec un grand « C » ! Cette « intelligence végétale » résout le problème de l'alimentation sans déplacement, un exemple éclatant de réussite.

Au-delà de sa capacité à produire sa propre nourriture, l’asclépiade possède également des mécanismes de défense ingénieux contre les mammifères qui pourraient chercher à la consommer.  Elle sécrète un latex contenant des alcaloïdes et des cardénolides qui peuvent efficacement repousser de nombreux prédateurs.  Ces substances toxiques illustrent une autre réussite de l’asclépiade : elle parvient à se protéger et à dissuader les prédateurs assurant ainsi sa survie et sa pérennité, malgré son immobilité. 

Le succès de l'Asclépiade :

Il est clair que l'asclépiade, cette plante verdoyante, incarne la réussite. Mais comment définir son succès? Pour cela, distinguons d'abord les notions de réussite et de succès du point de vue humain. La réussite d'une personne est identifiable lorsqu'elle atteint des objectifs précis ou réalise un but. Mesurée par des critères externes, comme l'obtention d'un diplôme ou l'achèvement d'un projet, la réussite est souvent palpable et quantifiable. 

Le succès, en revanche, est intrinsèquement plus subjectif. Il englobe une vision élargie, incluant entre autres la reconnaissance, la renommée, et le respect d'autrui. Le succès est fréquemment perçu à travers le prisme de la perception d'autrui, comme lorsqu'on est connu pour une qualité ou une réalisation spécifique. 

Prenons l'exemple de la Joconde, également connue sous le nom de Mona Lisa. Qu'a rendu ce tableau si célèbre? Le vol de cette œuvre de Léonard de Vinci a entraîné une couverture médiatique massive, éveillant l'intérêt international. La quête pour retrouver ce tableau a amplifié sa renommée, faisant de la Joconde un exemple par excellence de succès. 

Alors, qu'est-ce qui fait de l'asclépiade un succès aussi remarquable, à l’instar de la Joconde? La réponse réside dans les interactions de cette plante avec les insectes. L'asclépiade sert de source de nourriture, de lieu de chasse et de reproduction, de protection, de repos, et bien plus encore pour une multitude d'insectes. Elle est devenue un sujet de discussion dans le monde des insectes, tout comme la Joconde l'est dans le monde de l'art. Ainsi, l'asclépiade se distingue non seulement par sa réussite écologique, mais aussi par son succès dans l'écosystème, reconnu et valorisé par les nombreuses espèces qui en dépendent.

L’asclépiade, source de nourriture :

L'asclépiade joue un rôle crucial dans le cycle de vie du papillon monarque, offrant un site idéal pour la ponte des œufs par les femelles. De manière stratégique, chaque femelle dépose généralement un seul œuf par plant, minimisant ainsi les risques liés aux prédateurs et à la compétition interlarvaire, ce qui augmente significativement les probabilités de survie pour chaque chenille.  (Fig.  3)  La chenille du papillon monarque, avec un régime exclusif à base d'asclépiade, tire un double avantage de cette alimentation spécifique : non seulement elle s'assure une source de nourriture adaptée à ses besoins, mais elle intègre également dans son organisme des toxines présentes dans la plante, devenant elle-même toxique pour d'éventuels prédateurs.  La chenille du papillon monarque, comme certains autres insectes, ont développé une résistance à ces toxines, ce qui leur permet de se nourrir de ces plantes sans être affectés.  (Fig.  4)

Figure 3.  Œuf de Danaus plexippus (papillon monarque) sur Asclepias syriaca (asclépiade commune)
Figure 4.  Chenille de Danaus plexippus (papillon monarque) sur Asclepias syriaca (asclépiade commune)

Un autre insecte, qui se nourrit de l’asclépiade et qui occupe une place de choix dans mon cœur est Tetraopes tetrophthalmus (longicorne de l'asclépiade).  Sa caractéristique la plus fascinante réside dans ses antennes, qui divisent littéralement ses yeux en deux, lui octroyant ainsi quatre yeux. D'où son nom, Tetraopes, dérivé du grec "tetra" signifiant quatre et "opes" pour yeux.  (Fig.  5)  Suite à l'accouplement, la femelle entreprend une descente le long de la tige de l'asclépiade pour y déposer ses œufs. À l'éclosion, la larve se dirige vers le sol où elle se nourrit des racines de l'asclépiade, tandis que l'adulte privilégie les feuilles de cette même plante.  Leur couleur orangée, signe distinctif de leur toxicité, sert d'avertissement efficace contre les prédateurs potentiels.

Durant mes observations, je n'ai jamais constaté d'infestation massive de longicornes au sein d'une colonie d’asclépiade, ni observé la mort d'un plant attribuable à leur présence. J'ai aménagé sur mon terrain et dans un vaste espace urbain dédié au papillon monarque un laboratoire vivant composé de plusieurs variétés d'asclépiades.  Durant l'été, j'y emmène des enfants pour leur offrir une expérience scientifique enrichissante : nous créons des parcelles et nous procédons à un inventaire de toutes les espèces d’insectes présentes. Ces observations me permettent de constater que les longicornes affichent une préférence marquée pour l'asclépiade commune, où leur présence est plus notable.  (Fig.  6) 

Figure 5.  Tetraopes tetrophthalmus (longicorne de l’asclépiade) sur une feuille d’Asclepias syriaca (asclépiade commune)
Figure 6.  Espace urbain dédié au papillon monarque

La petite punaise de l’asclépiade représente un autre insecte étroitement lié à cette plante. Elle se nourrit de la sève de l’asclépiade et consomme également le nectar de ses fleurs.  (Fig.  7)  Lorsque les follicules se forment, je les observe souvent à l'intérieur de ceux-ci, un comportement particulièrement intéressant. Avec son rostre, un organe buccal spécifique, la punaise perfore la surface des graines tendres. Elle y injecte ensuite des enzymes digestives qui transforment l’intérieur de la graine en une substance liquide, facilitant son ingestion. Ainsi, la punaise utilise son rostre comme une paille, aspirant le contenu nutritif liquéfié pour se nourrir.  (Fig.  8 et 9)

Figure 7.  Lygaeus kalmii (petite punaise de l’asclépiade) qui butine une fleur d’Asclepias incarnata (asclépiade incarnate)
Figure 8.  Lygaeus kalmii (petite punaise de l’asclépiade) sur un follicule d’Asclepias incarnata (asclépiade incarnate)
Figure 9.  Semence d’Asclepias incarnata (asclépiade incarnate) mangée par Lygaeus kalmii (petite punaise de l’asclépiade)

Si le papillon monarque, le longicorne et la punaise de l'asclépiade tirent bénéfice de cette plante sans lui nuire gravement, deux autres insectes présentent un cas contrastant. La chenille de l’arctiide de l’asclépiade et la chrysomèle de l'asclépiade, en se nourrissant de la plante, se révèlent être des agents dévastateurs pour les plants.  (Fig.  10)  Ces ravageurs, se distinguant par leur voracité, consomment toutes les parties de l'asclépiade, mettant en péril sa survie.  (Fig.  11)  La vidéo 1 illustre de manière éloquente les dommages qu'ils causent.

Figure 10.  Chenille de Euchaetes egle (arctiide de l’asclépiade) et Labidomera clivicollis (chrysomèle de l’asclépiade) sur une feuille d’Asclepias incarnata (asclépiade incarnate)
Figure 11.  Jeunes chenilles de Euchaetes egle (l’arctiide de l’asclépiade) sur une feuille d’Asclepias syriaca (asclépiade commune)

Vidéo 1 :

Un autre insecte qui inflige des dommages significatifs à la plante est le charançon de l’asclépiade. Armé de son organe buccal, il agit tel un excavateur, creusant des sillons le long de la tige de l'asclépiade.  (Fig.  12)  Sous l'action de cet insecte, les tiges peuvent littéralement se briser, témoignant de l'importance des dégâts causés par ce ravageur.  (Fig.  13)

Figure 12.  Rhyssomatus lineaticollis (charançon de l’asclépiade) sur une tige d’Asclepias syriaca (asclépiade commune)
Figure 13.  Rhyssomatus lineaticollis (charançon de l’asclépiade) et tige cassée d’Asclepias syriaca (asclépiade commune) 

Même s’il existe des insectes qui font des dommages considérables à une espèce végétale, les interactions entre les plantes et leurs ravageurs sont des composantes fondamentales des écosystèmes naturels. Elles jouent un rôle essentiel dans l'équilibre écologique, la diversité biologique et l'évolution des espèces.

L’asclépiade, un lieu de protection :

L’asclépiade offre un lieu sécuritaire pour permettre la mue de plusieurs insectes.  La mue est un moment de grande vulnérabilité pour les insectes, et l'asclépiade, avec ses feuilles épaisses et robustes, leur offre un abri protecteur. Observer l'exuvie d'une cigale sur une de ces feuilles a été une expérience fascinante pour moi, soulignant combien la plante est un havre pour ces moments de transition.  (Fig.  14)  De même, le perce-oreille bénéficie de cet environnement sécurisant pour sa mue, illustrant la diversité des relations entre l'asclépiade et les insectes.  (Fig.  15)

Figure 14.  Exuvie de Okanagana rimosa (Cigale) sous une feuille d’Asclepias syriaca (asclépiade commune)
Figure 15.  Forficula auricularia (perce-oreille) qui vient de muer sous une feuille d’Asclepias syriaca (asclépiade commune) 

L’asclépiade, un piège redoutable :

L'accessibilité du nectar dans les plants d'asclépiade est stratégiquement adaptée pour attirer une variété d'insectes pollinisateurs. Le mécanisme spécifique par lequel cette plante interagit avec ses pollinisateurs est à la fois ingénieux et complexe. Le nectar, riche et abondant, est disposé de manière à être facilement accessible, se trouvant à l'entrée des structures florales profondes de la plante.  Cependant, ce qui distingue réellement l'asclépiade est son mécanisme unique de pollinisation. Lorsqu'un insecte tente de se nourrir de ce nectar, il est confronté à un défi. Les fleurs de l'asclépiade sont équipées de petites fentes au sein desquelles se cachent les pollinies, structures contenant le pollen. Ces pollinies ne sont pas libres comme chez de nombreuses autres plantes ; elles sont plutôt attachées à la fleur par un petit appendice.

Lorsqu'un insecte insère une partie de son corps, souvent une patte ou une trompe, dans l'une de ces fentes en se nourrissant de nectar, il peut accidentellement accrocher cet appendice et extraire la pollinie de la fleur. La pollinie reste alors accrochée à l'insecte lorsqu'il se déplace. Si l'insecte visite une autre fleur d'asclépiade, la pollinie peut se détacher et féconder la nouvelle fleur, permettant ainsi la reproduction de la plante.  À la figure 16, on observe une guêpe sphex qui butine des fleurs d’asclépiade incarnate en compagnie d’un papillon monarque.  On remarque, sur une des pattes de la guêpe, les petites pollinies. 

Figure 16.  Guêpe Sphex pensylvanicus et Danaus plexippus (papillon monarque) sur Asclepias incarnata (asclépiade incarnate) 

Bien que ce mécanisme de pollinisation soit efficace pour la reproduction de l'asclépiade, il représente un risque pour les insectes pollinisateurs. Dans certains cas, un insecte peut se retrouver piégé par les parties de la fleur, incapable de se libérer.  

Un exemple frappant de ce danger est illustré par la figure 17 montrant une mouche, attirée par le nectar, qui se retrouve prise au piège dans les fentes florales de l'asclépiade. La complexité de la structure de la fleur rend sa libération extrêmement difficile, laissant l'insecte vulnérable et épuisé dans sa lutte pour se libérer.

Figure 17.  Lucilia sericata (mouche verte) prise au piège par une fleur d’Asclepias syriaca (asclépiade commune) 

Dans la vidéo 2, nous observons des fourmis Formica podzolica qui s’efforcent activement de libérer une mouche prise au piège par une fleur d’asclépiade, promettant ainsi un festin pour leur colonie. 

Vidéo 2 :

La figure 18 capture un autre moment dramatique : une mouche, déjà affaiblie par ses efforts pour échapper au piège de l'asclépiade, devient la proie d'une punaise d’embuscade. Ces images illustrent le danger immédiat que représentent les pièges floraux de l'asclépiade pour les insectes.

Figure 18.  Lucilia sericata (mouche verte) et Phymata americana (punaise d’embuscade) sur une fleur d’Asclepias syriaca (asclépiade commune) 

L’asclépiade, un lieu de chasse : 

L'asclépiade sert également de refuge à une exceptionnelle prédatrice : l’araignée.  À la figure 19, nous pouvons observer Enoplognatha ovata ayant capturé sa proie.  Encore une fois, l’asclépiade démontre son succès en fournissant un excellent terrain de chasse aux arachnides.

Figure 19.  Enoplognatha ovata avec sa proie Lucilia sericata (mouche verte) parmi les fleurs d’Asclepias syriaca (asclépiade commune) 

Une autre prédatrice trouvée sur l’asclépiade est la coccinelle, qui découvre une abondance de nourriture parmi un groupe de pucerons solidement établis sur un follicule d’asclépiade incarnate.  (Fig.  20)

Figure 20.  Coccinelle Harmonia axyridis et pucerons Aphis nerii sur un follicule d’Asclepias incarnata (asclépiade incarnate)  

L’asclépiade, un écosystème de coopération : 

Dans ce contexte, l'asclépiade se transforme en un véritable écosystème de coopération. Les nymphes des membracides y cherchent refuge et profitent de la protection assidue des fourmis. En échange, ces protectrices tirent avantage du miellat produit par les nymphes. (Fig. 21)

Fourmi et nymphes de membracides
Figure 21.  Fourmi Camponotus novaeboracensis entourée de nymphes de membracidae sur une feuille d’Asclepias syriaca (asclépiade commune)

Qu'en est-il de la fourmi Tetramorium immigrans observée transportant un thrips de la famille des Thripidae ? Deux hypothèses émergent quant à la nature de cette interaction intrigante. D'une part, il se pourrait que la fourmi ait l'intention d'offrir le thrips en tant que nourriture aux larves au sein de la fourmilière. D'autre part, elle pourrait déplacer le thrips dans le but de se nourrir d'un potentiel miellat que le thrips serait en mesure de produire. Cette action demeure enveloppée de mystère, laissant place à la spéculation face à la complexité des interactions naturelles.  (Fig.  22)

Figure 22.  Fourmi Tetramorium immigrans transportant un thrips sur une feuille d’Asclepias syriaca (asclépiade commune)   

Examinons brièvement divers insectes qui visitent l’asclépiade, contribuant ainsi à son succès écologique.

Voilà Megacerus discoidus, ce coléoptère qui trouve refuge sur une feuille d'asclépiade commune.  (Fig.  23)  Il désire peut-être socialiser avec l’insecte aux grandes antennes caché derrière. 

Figure 23.  Megacerus discoidus sur Asclepias syriaca (asclépiade commune)

Le scarabée fleur avec sa petite fourrure est visiblement enivré par le parfum envoûtant et le nectar sucré de la fleur d'asclépiade.  (Fig.  24)

Figure 24.  Trichiotinus assimilis sur une fleur d’Asclepias syriaca (asclépiade commune)

La guêpe et l'abeille domestique partagent pacifiquement le nectar abondant de l'asclépiade incarnate, démontrant une coexistence harmonieuse sur cette plante nourricière. (Fig. 25) Par ailleurs, l'asclépiade attire également une diversité de papillons, dont l'Argynne cybèle (Fig. 26), ainsi que l'Amiral, le papillon emblématique du Québec, qui butinent les fleurs de l'asclépiade, en soulignant sa valeur écologique. (Fig. 27)

Figure 25.  Guêpe Sphex pensylvanicus et Apis mellifera (abeille domestique) sur Asclepias incarnata (asclépiade incarnate) 
Figure.  26.  Papillon Speyeria cybele qui butine les fleurs de l’Asclepias syriaca (asclépiade commune)
Figure 27.  Papillon Limenitis arthemis (amiral) sur fleurs d’Asclepias incarnata (asclépiade incarnate)

Le taon à cheval, comme nous le nommions dans ma jeunesse est séduit par le nectar de l’asclépiade tubéreuse (Fig.  28)

Une mouche Tabanidae sur une fleur d'asclépiade
Figure 28.  Taon Tabanus sur Asclepias tuberosa (asclépiade tubéreuse)

Présentées ici, deux coccinelles à huit points s'accouplent sur une feuille d'asclépiade commune. (Fig. 29). À la figure 30, nous observons des punaises brunes au premier stade de développement, émergeant tout juste de leurs œufs.  

Figure 29.  Accouplement de coccinelles Brachiacantha ursina sur une feuille d’Asclepias syriaca (asclépiade commune)
Figure 30.  Euschistus servus (punaise brune) de premier stade sur une feuille d’Asclepias syriaca (asclépiade commune)

Un comportement surprenant et inattendu que j'ai observé sur une asclépiade est celui de cette Argiope se nourrissant de matière végétale sur une feuille d'asclépiade commune, une première observation pour moi. (Fig. 31). Cet exemple ajoute à la liste des acteurs contribuant au succès écologique de l'asclépiade, soulignant ainsi l'importance cruciale de cette plante dans son écosystème.

Figure 31.  Argiope aurantia qui se délecte de l’Asclepias syriaca (asclépiade commune)

Je pourrais élargir la liste des insectes fréquentant l'asclépiade, mais les exemples cités suffisent à souligner l'importance vitale de cette plante. En sauvegardant l'habitat du papillon monarque, nous bénéficions également à un large éventail d'autres espèces. Mes recherches sur le papillon monarque m'ont convaincue de son rôle central dans le maintien de la biodiversité, me poussant à me consacrer à la sensibilisation sur ce sujet à travers des conférences dédiées.

Sur mon terrain, riche en diversité florale, aucune plante n'égale l'asclépiade dans sa capacité à attirer un si vaste assortiment d'insectes. L'asclépiade se révèle cruciale pour la survie et le bien-être de nombreux insectes, leur offrant un lieu pour se nourrir, chasser, se reposer et plus.

À l'ère actuelle, le choix d'une plante devrait être guidé par sa contribution écologique : contribue-t-elle à la biodiversité en apportant des bénéfices aux insectes, en nourrissant les humains, les oiseaux ou autres?  Si la réponse est affirmative, alors cette plante mérite sa place dans nos jardins.  Ainsi, l'asclépiade incarne non seulement un récit de réussite écologique mais aussi un modèle de succès environnemental, rappelant l'importance de chaque choix de plantation pour la préservation de notre biodiversité.

Voir aussi les autres articles sur le papillon Monarque: https://www.natureweb.com/auteurs/yolaine-rousseau

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Publié 
6/3/2024
 dans la catégorie 
Insectes